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Resident Evil -
Confiance dangereuse
Auteur :
Golden Selphie
Genre :
Action/Aventure/Suspense -
2 chapitres - Non finie
Date de parution : 2000
Confiance dangereuse
By
Golden
Selphie
Chapitre 1
Quelqu'un s'amusait à lancer une pièce de monnaie et à la
récupérer au dernier moment. Cette personne était totalement absorbée par ce jeu
ridicule, parce que visiblement, elle n’avait absolument rien d’autre à faire
dans ce hangar où étaient entassés divers objets hétéroclites, les uns brisés,
les autres en excellent état.
J’essayais de m’habituer à l’obscurité pour pouvoir
distinguer le visage de l’inconnu, mais les rares rayons de soleil qui
réussissaient à s’infiltrer par les fenêtres mi-closes n’éclairaient que la
pièce de monnaie lorsqu’elle retombait dans la main de l’individu, en émettant
une lueur blafarde qui me faisait mal aux yeux.
La curiosité me poussa à m’approcher
un peu plus, au moment même où la pièce finit par tomber par terre. Je me mis à
quatre pattes et me dirigeai tant bien que mal vers l’énigmatique individu, en
faisant attention à ne faire aucun bruit ; chose difficile à réaliser, vu que le
sol était jonché de morceaux de bois et autres objets friables. Je relevai la
tête et rencontrai brusquement le regard du jeune homme - car j’eus la certitude
que j’avais affaire à un jeune homme. Il avait les yeux foncés, mais je ne
pouvais pas en distinguer précisément la couleur à cause de la pénombre. Ses
cheveux semblaient soyeux et étaient châtain clair. Il était brun et ne devait
pas dépasser les vingt-cinq ans.
Quand il se rendit compte que j’étais en train de le
dévisager, il me lança un regard si arrogant que j’eus une envie folle de venir
le gifler, mais il ne prononça pas une seule syllabe. Je remarquai alors qu’il
portait autour des poignets de drôles d’anneaux de fer enduits d’un liquide
vermeil et brillant. Je me résolus à aller jusqu’au bout et me levai donc en
empoignant mon pistolet de poche. Quant à lui, il avait l’air de se moquer
complètement de ma présence et de mes actes, et me suivait distraitement des
yeux.
Une fois arrivée à quelques pas de lui, je lui montrai mon
badge et lui dis d’une voix ferme et sérieuse :
"FBI ! Plus un geste ! Je ne vous veux aucun mal...!"
Je n’avais pas vraiment besoin de réclamer l’immobilité, car
il était de marbre, et si sa respiration ne le faisait pas un peu remuer,
j’eusse sans doute cru qu’il était mort.
Cependant, ma gravité n’eut guère l’effet que je voulais lui
attribuer : elle ne sembla pas beaucoup l’émouvoir et il ne me répondit rien.
Son silence commençait d’ailleurs à m’irriter sérieusement. Je m’approchai
encore plus de lui et me rendit compte que les anneaux de fer qui lui
entouraient les poignets étaient en fait des menottes dont la chaîne avait été
brisée et qui étaient badigeonnées de sang – son sang. Même que quelques gouttes
tombaient lentement une à une sur une boîte de carton blanc qui était à ses
pieds.
Je restai bouche bée devant la placidité du singulier
personnage qui se tenait assis devant moi, serein et tranquille, dont la bonne
humeur paraissait inébranlable. Il s’aperçut de ma stupeur et sourit
narquoisement. Je pensai que peut-être était-il drogué.
Il se leva promptement. J’en fus secouée : à force de le voir
inerte, le fait de l’observer en mouvement me parut invraisemblable, impossible.
"Qui t’es, toi ?"
Le silence était tel que sa voix
résonna dans le noir avant de parvenir à mes oreilles en me faisant
tressaillir.
Face à mon mutisme, il éclata de rire puis reprit :
"Alors ? Ta bravoure de tout à l’heure s’est envolée ou
quoi ?"
Bien que ce qu’il m’avait dit n’était
point un motif suffisant pour susciter mon emportement, je sentis la rage me
ronger les entrailles et je courus immédiatement à lui. J’appliquai le canon de
mon arme sur sa tempe d’un geste résolu et lui déclarai en retenant mon désir
fou d’appuyer sur la détente :
"Je fais partie du FBI, ok ? Et je suis à la recherche d’un
certain petit imbécile nommé Carlos qui serait accusé d’espionnage ou de quelque
chose du genre. Pigé ?"
Il me regarda au fond des yeux d’un air incrédule puis
répondit, sans toutefois oser bouger, de peur que je ne lui tire dessus :
"Et qu’est-ce que j’ai à voir là-d’dans, moi ?
- D’après les quelques témoins qu’on a pu trouver, ce Carlos
devrait être dans les environs… tu l’as vu, peut-être ?"
Il s’empressa de hocher la tête en signe de désapprobation et
balbutia :
"M…Moi ??… Moi, je sais rien… J’ai rien vu… Rien ni personne…
- T’es qui, d’abord ?
- Je… Je m’appelle Vince Corazza. Enchanté ! »
Je rangeai mon pistolet et serrai la main fébrile qu’il me
tendait.
"Moi de même." rétorquai-je.
Et je ne trouvai plus rien à ajouter. Je me contentais de le
regarder de haut en bas, honteuse de l’avoir menacé avec mon revolver.
Je me souvins soudain de l’histoire des menottes : je lui pris
aussitôt les mains et lui examinai attentivement les poignets. On eût dit que
ces menottes lui avaient été mises depuis plusieurs jours et que l’on avait
guère daigné les lui retirer. Je les bougeai un peu et remarquai que c’était
bien à cause des anneaux que Vince saignait. Ce dernier se laissait faire comme
un enfant et ne disait rien – de toute façon, qu’aurait-il donc à dire ? En tant
qu’agent du FBI, j’avais tout à fait le droit de l’analyser comme bon me
semblait.
J’étais arrivée à un tel point de concentration que je me
souciais fort peu du jeune homme qui se tenait en face de moi, et de ce qu’il
pouvait bien ressentir. C’est dans cet esprit que j’appliquai brutalement mon
doigt sur une des blessures, sans trop me tracasser de la douleur que
j’occasionnerais sans doute. Vince, qui jusque-là n’avait pas réagi, retira
brusquement ses mains et fit un pas en arrière.
"Non mais ça va pas ?? Tu crois pas que ça me fait assez mal
comme ça ??" protesta-t-il.
J’étais plutôt fière de mon acte qui pourrait être qualifié
de cruel, et je souris sadiquement. Puis je haussai les épaules et fis quelques
pas vers la sortie du hangar quand il s’écria :
"Eh ! Jill ! Tu vas pas me laisser ces trucs, quand même ?"
Je me retournai vivement et le fixai, intriguée.
"D’où tu sais que je m’appelle Jill ?
- Ben… Je l’ai vu écrit quand tu m’as montré ton badge…"
Je réfléchis quelques instants, puis lui demandai :
"De quels trucs tu me parles ?"
Il désigna ses menottes d’un mouvement de tête et m’adressa
un sourire forcé. C’était tout de même la moindre des choses que de les lui
retirer, surtout après ce que je venais de lui faire subir…
Je revins donc sur mes pas et lui ôtai les anneaux de fer à
l’aide de mon passe-partout. Il soupira et examina ses poignets d’un air
soulagé.
"Qui t’as mis ces menottes ?"
Il releva la tête calmement et parut hésiter.
"Réponds ! continuai-je.
- C’est juste des mecs qui rôdaient dans les parages…"
déclara-t-il au bout d’un court moment.
Je fronçai les sourcils puis repris :
"C’est pas possible qu’ils t’aient mis des menottes sans
raison…
- Ben si, c’est possible… On voit bien que t'as jamais vécu
dans une banlieue…"
Je me mordis les lèvres de fureur devant cette réflexion qui
me vexa légèrement, puis continuai mon chemin vers la porte du hangar d’un pas
résolu.
Je sentais qu’il était en train de suivre des yeux ma
progression vers la sortie, mais qu’il guettait l’instant opportun pour
m’empêcher de quitter les lieux. C’est au moment où je m’apprêtais à poser ma
main sur la poignée de la porte qu’il me cria :
"Jill ! Pars pas ! Je veux t’accompagner !"
Je l’attendis donc un moment puis, un fois qu’il fut arrivé à
mes côtés :
"Tu vas laisser ton hangar comme ça, sans surveillance ?"
Il me lança un regard interrogateur puis lâcha un bref rire.
"MON hangar ?? Tu n’y penses pas ? C’est pas du tout mon
hangar, ça !! répliqua-t-il.
- Si c’est pas ton hangar, je peux savoir ce que tu fiches
ici ?"
Il parut hésiter une nouvelle fois puis répliqua d’un air
insouciant :
"C’est le hangar d’un
type que j’connais…
- Ah ouais ??
- J’t’assure…"
Je ne trouvai rien à ajouter qui puisse le démentir, et cela
m’exaspérait, surtout que j’entendais au fond de moi une petite voix qui me
disait : "Il ment ! Il ment ! Méfie-toi !!" Sûrement l’instinct féminin...
Chapitre 2
Nous avions déjà traversé plusieurs centaines de mètres, sans
qu’aucun de nous deux ne pensa à prononcer une seule parole. À croire que le
mutisme nous avait gagnés.
Alors que nous avions atteint le centre-ville et qu’une bande
infinie de boutiques et de voitures défilaient devant nos yeux,
Vince me fixa pendant quelques secondes
puis déclara sur un ton plaintif :
"Je crève de faim, chérie…
Tu m’payes quelque chose ?"
Ce "chérie" me tira de mon songe et je le regardai d’un air
endormi.
"Comment tu m’as appelée,
là ??"
Il me dévisagea avec un rien de mépris mêlé de pitié dans les yeux,
puis murmura :
"Tu devrais être contente
que j’t’appelle "chérie", au lieu de me faire ta gueule bouleversée à la con…"
Je crois que c’est l’une des rares fois où quelqu’un m’a
agacée à ce point, mais, heureusement pour lui, me disputer était la dernière
chose que j’avais envie de faire par cette horrible journée d’automne.
Je me contentai donc de froncer les sourcils et de grommeler des
injures auxquelles mon compagnon n’attribua aucune importance. Il était trop
affairé à admirer un restaurant prestigieux, ou plus précisément les personnes
qui y étaient attablées. Celles-ci étaient habillées avec une élégance qui en
disait long sur le poids sans doute extravagant de leur porte-feuille.
Vince me donna une petite tape amicale sur l’épaule et pointa du
doigt dans la direction du lieu où déjeunaient les gens de la haute société.
"Eh ! On y va ?"
Je ne bougeai pas d’un pouce, alors il continua :
"Allez… T’es susceptible…
J’te d’mande pardon… J’te jure que j’t’appelerai plus jamais "chérie"… Jamais…"
Il avait une mine de chien battu qui m’irrita tellement que je
m'écriai :"C'est même pas pour ça que je suis énervée !", avant de pousser
violemment la portière en bois verni à l’aide de mon pied, puis d'entrer en
faisant un si grand bruit que toutes les têtes se retournèrent pour voir
l’effrontée qui osait faire irruption de la sorte dans leur sanctuaire.
Vince s’introduisit à son tour en affectant d’être
profondément choqué, puis me chuchota à l’oreille :
"Tu crois que nos
fringues sont assez chics pour cet endroit ?"
Je tournai la tête dans sa direction et examinai ses
vêtements pour la première fois de la matinée. Il portait une chemise bleu pâle
dont les manches semblaient avoir été arrachées au cours de quelque bagarre.
Elle était tâchée de sang au niveau du col et je remarquai qu’il avait collé un
morceau de sparadrap sur son cou. Son jean était légèrement décoloré aux genoux
et ses espadrilles ne possédaient pas l’ombre d’un lacet. Sa coiffure était à
elle seule assez correcte, quoique indescriptible. Bref, de quoi faire fuir
l’ensemble des clients du restaurant.
Pour ma part, j’avais revêtu un débardeur vert pomme, à
demi-caché par une veste en cuir, accompagnés d’une mini-jupe marron, au-dessous
de laquelle se situaient une paire de bottes de même couleur. Mes cheveux roux
récemment coupés étaient séparés par une raie fine au-dessus de l’oreille
gauche, et me donnaient l’air d’être une adolescente de dix-sept ans.
Je lui fis un signe de tête qui signifiait : "Non, nous ne
sommes pas chics du tout", mais il m’ignora une fois de plus et se dirigea avec
assurance vers un des garçons dont fourmillait l’établissement.
Ils échangèrent quelques mots que je ne parvins pas à
comprendre, mais je devinai qu’ils s’entretenaient à propos de moi, car le
serveur me regardait de temps en temps à la dérobée. Cependant, je sus me
montrer patiente, et j’attendis Vince avec résignation.
Environ une dizaine de minutes plus tard, il revint vers moi
et, me prenant par le bras, sortit du restaurant. Une fois dehors, je me
dégageai brutalement de son étreinte et m’écriai :
"Mais tu te fiches de moi ou quoi ? Tu dis que t’as faim et
au lieu de bouffer, tu vas papoter avec un gars qui était de passage !!"
Pour toute réponse, il haussa les épaules et bâilla
longuement, ce qui acheva de m’irriter. Sans souffler mot, je le giflai
énergiquement. Vince ne riposta pas, il se contenta de me dévisager et de
sourire ironiquement.
"Alors, Jill ? On va où, maintenant ? demanda-t-il en fixant
une magnifique voiture décapotable.
- On va nulle part : moi, je rentre chez moi.
- Ok, ben alors, je viens avec toi.
- Ca va pas, non ?? m’écriai-je.
- Ou bien tu m’payes une chambre dans un hôtel cinq étoiles.
T’as le choix… reprit-il en ricanant.
- C’est ça, rêve toujours…rétorquai-je en tournant les
talons.
- Je rêve pas du tout, et d’ailleurs je viens avec toi, que
tu le veuilles ou non.
- Mais t’es malade ! répliquai-je en lui faisant face. Je ne
te connais même pas, et tu veux que je te laisse venir chez moi ?
- Et alors ? Même ta mère, au début, tu la connaissais pas,
et pourtant, elle venait chez toi..."
Lasse d’écouter ses arguments insensés, je n’ajoutai pas un
mot et appelai un taxi.
Une fois arrivée devant la porte de mon appartement, je
remarquai qu’elle était ouverte. Je la poussai et vis Leon, un de mes
coéquipiers, assis dans un fauteuil, devant la télévision. Au bruit que je fis
en entrant, il tourna la tête et me regarda avec ses beaux yeux bleus.
"Non mais dis donc, on ne se gêne pas, ici ! lui dis-je en
souriant.
- Je suis désolé de venir comme ça, à l’improviste, mais je
voulais de parler de choses très importantes, mais comme t’étais pas là, je suis
entré pour t’a..."
Il s’interrompit en apercevant Vince derrière moi. Celui-ci
était en train d’admirer le désordre qui régnait en maître absolu dans mon
logement, que j’avais acheté à une somme loin d’être faramineuse.
Leon se leva d’un bond et me dit en s’approchant de moi :
"Qu’est-ce que tu fous avec ce… ?"
Vince, qui jusque là observait le plafond encombré
d’araignées, ramena ses yeux sur mon collègue et tressaillit.
"Oh merde ! s’écria-t-il.
- Ne le laisse pas s’échapper !!! m’ordonna Leon en
accourrant vers moi.
- Quoi ??" demandai-je, interloquée.
Vince me saisit par la taille et tira mon pistolet de la
poche de ma veste.
"Eh, monsieur le flic, tu t’calmes ou j’la flingue, OK ?"
lança-t-il à l’intention de Leon, en me menaçant avec ma propre arme.
Je ne savais ni que faire, ni que dire. Je ne comprenais
absolument rien à la situation et j’étais trop sidérée pour tenter de m’extraire
de son étreinte.
Leon non plus ne savait pas comment réagir : d’une part, il
voulait visiblement jeter Corazza en prison, en commençant par lui passer les
menottes ; et d’autre part, il craignait que mon "ami", si je puis l’appeler
ainsi, ne mette sa menace à exécution en me tirant dessus.
À propos de menottes… Je repensai à celles que j’avais
retirées à Vince lors de notre première rencontre… Peut-être avait-il été arrêté
par Leon à cause de quelque délit qu’il avait commis, puis s’était échappé et
caché dans le hangar où nous avions fait connaissance. C’était plus ou moins
plausible comme résonnement.
Persuadée qu’il ne pouvait être autre chose qu’un criminel de
bas étage, je le contraignis à me lâcher en lui donnant un violent coup de coude
dans la poitrine. Le résultat ne se fit pas attendre longtemps : il laissa même
tomber mon pistolet que je m’empressai de ramasser et de brandir dans sa
direction, avec la ferme intention de lui faire sauter la cervelle s’il tentait
de s’enfuir.
Leon aussi avait son pistolet en main. Il vint auprès de moi
en disant :
"Enfin… Je tiens enfin ce salaud..."
Vince nous regardait l’un après l’autre en restant immobile,
paraissant accablé et mélancolique.
"Il nous a posé pas mal de problèmes, continua Leon, mais maintenant,
on le tient...
- Alors comme ça, tu le
connais ? lui demandai-je, sans pour autant détourner mon regard.
- Bien sûr que je le connais ! Toi aussi tu es sensée le
connaître ! rétorqua-t-il en armant son pistolet. Nous étions là quand il a volé
des renseignements top secrets et qu’il a tué un soldat..."
"Ah bon...? pensai-je. Je
ne rappelle pas l'avoir vu, ce jour-là..."
"N'IMPORTE QUOI !! protesta vivement Vince. J'ai tué personne
ce jour-là !
- Ah, "ce jour-là" ? fis Leon en levant le bras de manière
que son arme touchât le front de l’assassin. Alors t'as tué à d'autres
occasions, j'imagine ?"
Vince, voyant que tout était perdu, s’empourpra légèrement,
bien que d’habitude les personnes terrorisées pâlissent.
"Ca y est, arrête Leon, c’est pas la peine de le tuer !"
déclarai-je en agrippant son bras.
Il me dévisagea froidement et se prépara à tirer.
"J'ai jamais dit que j'allais le tuer.
- Arrête, on va embarquer Vince et...
- Vince ? m’interrompit-il. C’est qui Vince ?
- Ben…C’est lui...
- C’est lui…Vince ???
- Oui…continuai-je d’une voix hésitante. Oui…Vince..."
Leon éclata d’un rire soudain qui me gêna beaucoup.
"Vince... Non mais ça va pas... Il s’appelle pas du tout
Vince... reprit-il. Son nom, c’est Carlos Oliveira !!"
J’ouvris de grands yeux ébahis et répétai :
"Car…Carlos Oliveira ?? Le type qu’on cherche depuis deux
semaines ??
- Lui-même !" répliqua-t-il en saisissant brusquement par les
cheveux celui qui, jusqu’à présent, portait à mes yeux le prénom de Vince.
J’eus subitement le vertige et portai ma main à mon front.
Comment avais-je pu être aussi bête et naïve ? Ce…ce meurtrier… Je l’avais cru
sur parole lorsqu’il avait prétendu se nommer Vince Corazza… Je pensais m’être
simplement fait un ami, alors que c’était un ennemi redoutable, et des plus
infâmes en plus...
"De quoi est-il accusé,
déjà ? demandai-je.
- D’espionnage pour le compte du gouvernement russe...
- C’est un Russe ?"
Leon fit non de la tête en soupirant et poursuivit :
"On voit bien que tu n’as même pas pris la peine de consulter
le dossier que j’avais constitué pour toi… C’est un Espagnol..."
Il tenait toujours le brun par les cheveux, mais celui-ci ne
semblait pas prendre conscience de la gravité de la situation dans laquelle il
se trouvait.
"Tu vas mourir, mon
vieux… Profite bien des derniers instants de ta vie... murmura l’espion en
portant lentement la main à sa poche.
- Arrête, tu vas me faire rire." dit Leon en faisant un
mouvement pour plaquer Carlos contre le mur.
Mais Oliveira fut malheureusement plus rapide que lui : il
tira un couteau de sa poche et le planta dans le bras de mon coéquipier, avant
de le jeter par terre d’un violent coup de pied et de quitter mon appartement du
plus vite qu’il put.
Leon se releva vivement et arracha promptement le couteau de
son bras, puis se fit un bandage de fortune avec ce qu’il avait sous la main. Il
se lança aussitôt à la poursuite de Carlos et je le suivis. Nous le vîmes, du
haut de l’escalier, qui avait déjà atteint la rue et qui essayait de faire
descendre un homme de sa voiture, une superbe Jaguar bleue, pour y monter, ce
qu’il parvint à réaliser et s’empressa de déserter les lieux.
Leon enjamba l’escalier en lançant des injures, ce qui ne lui
ressemblait guère, et monta dans son véhicule où je le rejoignis.
"Accroche-toi Jill, on va le rattraper !" m’assura mon
coéquipier en démarrant la voiture.
Je détestais les poursuites en voiture mais je ne protestai
pas, puisque c’était l’unique moyen dont nous disposions pour arrêter le
fugitif.
Dès que nous aperçûmes le véhicule dans lequel Carlos était
censé se trouver, je sortis à moitié de ma fenêtre et tirai sur l’une des
roues-arrières. La voiture dérapa et le conducteur fut forcé de s’arrêter.
Leon descendit le premier et, une fois devant la portière de
la Jaguar, il l’ouvrit brutalement et jeta celui que nous pensions être l’espion
par terre en pointant son revolver dans sa direction. J’accourus vers mon
collègue et, à ma grande surprise, découvris que le chauffeur n’était pas du
tout celui que nous cherchions : c’était un garçon aux cheveux noirs longs
jusqu’aux épaules et aux yeux bleus d’azur, qui portait des vêtements de sport
et qui ne paraissait n’avoir pas plus de dix-huit ans.
"C’est… C’est peut-être pas la bonne voiture… dis-je en
faisant quelques pas vers mon associé.
- Il s’est moqué de nous, oui !" cria Leon en refermant
violemment la portière.
L ‘adolescent sursauta et voulut se sauver, mais l’agent du
FBI le retint par l’épaule.
"C'est à toi, cette voiture ?
- N... Non... C’est…C’est un mec brun qui me l’a
offerte…Comme ça, pour rien... Il m’a donné les clés et il est parti… Il y a
quelques secondes... Je vous jure que je l'ai pas volée... répondit le jeune
garçon d’une voix tremblante.
- Tout ça c'est de ta faute, Jill ! me reprocha-t-il. Si tu
l'avais reconnu depuis le début, on n'en serait pas là !"
Puis il le lâcha et regarda autour de lui dans l’espoir de
retrouver Carlos, en vain, puis il ajouta :
"Par où il est parti ?
- Je sais pas, moi !! s’écria le jeune brun en s’apprêtant à
éclater en sanglots.
- Rentre chez toi, tu veux ?" lui conseillai-je de la voix la
plus douce que je pus prendre.
À peine m’eut-il entendue qu’il détala à toutes jambes aussi
vite qu’un lapin et disparut au tournant d’un boulevard.
"Il nous a bien eus, ce salopard ! s’exclama Leon en
s’asseyant par terre, contre la portière qu'il avait refermée.
En effet, il nous avait bien eus, à commencer par moi.
J’avais peut-être eu quelques doutes au départ, mais l’idée que Vince Corazza
était un nom inventé par ce criminel de Carlos ne m’avait même pas effleuré
l’esprit. Il devait être habitué à être confronté à des situations aussi
périlleuses, vu le sang froid qu’il avait su garder du début jusqu’à la fin.
Décidément, c’était vraiment un ennemi redoutable...
A SUIVRE...
End note :
Ben... Pas grand chose à dire sur la première fic
que j'ai écrite sur RE, à part que la suite est planquée quelque part, sûrement
dans un cahier... la flemme de copier :)
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